Festival des Hauts de Garonne : un voyage à quelques pas de chez soi

2 & 3, 9 & 10 JUILLET 2026 | BASSENS, FLOIRAC, LORMONT, CENON
Article publié le 21/07/2026
jurshoot
Début juillet. Les températures grimpent, les journées s'allongent et la même question revient : où profiter de l'été sans forcément partir loin ? Depuis plus de trente ans, une réponse sonne comme une évidence sur la rive droite bordelaise : quatre soirées de concerts dans les parcs de Bassens, Floirac, Lormont et Cenon, de rencontres et de découvertes. Imaginé par l'association Musiques de Nuit, le Festival des Hauts de Garonne vous emmène en voyage…

D'un parc à l'autre : redécouvrir un territoire

Avant de découvrir le festival, on imagine un lieu unique. Or l’une de ses singularités et de ses richesses, c’est son itinérance. Chaque soirée est une nouvelle étape le long du Parc des Coteaux, qui relie Bassens, Floirac, Lormont et Cenon, sur la rive droite de la métropole bordelaise. Une même coulée verte, des coteaux, traverse plusieurs communes, et fait de chaque halte une escapade avec sa propre ambiance. D'un soir à l'autre, on découvre un nouveau paysage, ici des vignes, là un château, et on prend plaisir à sillonner des espaces que l'on croyait familiers. Autant de paysages et de vues méconnus que le festival donne envie d’arpenter, même une fois les scènes démontées. 

Un festival qui commence bien avant les concerts

En rejoignant le Parc du Castel à vélo depuis Cenon, on constate une transition paysagère le long de la descente vers Floirac. Les arbres forment une voûte au-dessus du chemin, la chaleur devient plus douce et, peu à peu, le bruit de la ville laisse place à une autre ambiance. Avant même d'apercevoir la scène, tout invite à ralentir.À l'entrée, le parc est déjà en mouvement. Les tables sont installées, les bénévoles accueillent les visiteurs, les premiers groupes s'attardent devant les stands. Le village associatif ouvre largement avant les concerts et laisse le temps de la rencontre. SOS Méditerranée, Survie Gironde, E-graine, le Secours Populaire ou encore Tack échangent avec les festivaliers autour des causes qu’ils défendent. 

On se laisse ensuite guider par les odeurs qui s'échappent des food trucks. Le choix est difficile. À quelques mètres, des festivaliers sont déjà attablés pendant que les enfants jouent sur la pelouse et que les premiers tapis de pique-nique apparaissent. Les concerts ne débuteront qu'à 20 h 30, mais le parc est déjà habité. Des familles s'installent dans l'herbe, des groupes d'amis discutent à l'ombre des arbres. Une sexagénaire propose spontanément une place sur son tapis. Elle suit le festival depuis de nombreuses années et raconte qu'elle collectionne chacune de ses affiches. Plus qu’un rendez-vous, le Festival est devenu pour beaucoup, une véritable tradition qui marque le début de l'été.

D'ici et d'ailleurs, sur une même scène

Ce soir-là, Batudabke puis Bassi Bakambi sont à l’affiche. Le premier, issu de la scène locale, le second arrivé du continent africain. Une manière d'affirmer que les talents du territoire ont toute leur place dans une programmation ouverte sur le monde et qui aime à faire se côtoyer artistes locaux et internationaux.Avec Batudabke, les rythmes de la batucada dialoguent avec ceux de la dabké, donnant naissance à une musique qui raconte plusieurs histoires à la fois. Quelques instants plus tard, l'ambiance change. Huit femmes investissent la scène. Bassi Bakambi, pépite venue du Congo et accompagnée par Musiques de Nuit, signe ici l'une de ses premières dates en France. Leur énergie est communicative. Les spectateurs sont tous debouts, les enfants s'enjaillent et les pas de danse ne se comptent plus. Le parc tout entier semble battre au même rythme.C'est peut-être là que réside l'âme du Festival des Hauts de Garonne. On vient écouter un concert et l'on repart avec bien plus.  Une découverte musicale, une rencontre, un lieu que l'on n'avait jamais pris le temps d'explorer ou simplement le plaisir d'avoir passé une soirée dehors, les pieds dans l'herbe.

Une dernière soirée réinventée

Comme dans tout voyage, il faut bien rentrer. La dernière étape ramène toujours le festival à Cenon, comme un dernier rendez-vous avant de refermer cette parenthèse estivale. Le parvis du Château Tranchère, voisin du Rocher de Palmer, devait accueillir cette ultime soirée, avec sa vue dégagée sur Bordeaux. Une manière de revenir chez soi après avoir traversé les  autres villes de la rive droite.Cette année, la canicule en a décidé autrement. Les équipes ont dû réinventer le déroulement de la soirée et déplacer les concerts dans la salle 1200 du Rocher de Palmer. Le parc Palmer, lui, est resté vivant. Les food trucks, les stands, les familles, les groupes d'amis et les promeneurs ont continué d'occuper les pelouses. Il suffisait de parcourir quelques mètres pour rejoindre la salle. Cette proximité a créé une atmosphère presque intime, comme un prolongement naturel de la soirée.

La soirée s'est ouverte avec La Palestine sous un autre jour, une lecture musicale en français et en arabe, portée autant par les mots que par la musique. Un moment suspendu qui rappelait que le festival sait aussi faire une place aux récits du monde. Dans un contexte où certaines voix peinent à se faire entendre, écouter, être là et partager un même espace est aussi une manière de résister. Quelques instants plus tard, Kyoto Jazz Massive faisait basculer l'atmosphère. La piste de danse se remplissait progressivement et la soirée retrouvait son élan jusqu'aux derniers morceaux. Avant de refermer cette édition, Patrick Duval, directeur de Musiques de Nuit, a rappelé que la culture prend une résonance particulière dans le contexte actuel. Le Festival des Hauts de Garonne en est une illustration. Au fil des soirées, il nous rappelle que la musique peut rassembler sans détourner le regard de ce qui se passe autour de nous. On peut danser tout en sensibilisant, chanter tout en compatissant, célébrer tout en restant attentif au monde. C'est sans doute aussi cela, l'esprit du Festival des Hauts de Garonne : faire de la fête un espace de rencontre, d'écoute et d'engagement.