L'ACCÉLÉRATEUR DE PROJETS 2025-2026 : De L’IDÉE AU PITCH 

Article publié le 17/04/2026
Mardi 14 Avril 2026, au Rocher de Palmer, une quarantaine de personnes se sont réunies pour la soirée de clôture de l’accélérateur de projets 2025-2026. Pendant plusieurs mois, des entrepreneur·ses culturel·les du territoire ont affiné leurs idées, testé leurs modèles et appris à défendre leurs projets. Cette finale a des airs d’afterwork, mais l’enjeu est bien réel. Derrière chaque pitch se dessine une initiative qui cherche sa place dans l’écosystème culturel local.

L’ABOUTISSEMENT D’UN PARCOURS COLLECTIF ANIMÉ  PAR LES VALEURS DE L’ESS

La soirée se déroule comme un point d’orgue après plusieurs mois de travail. Depuis novembre 2025, les huit porteur·euses de projets ont bénéficié d’un accompagnement intensif, jalonné d’ateliers et de formations animées par des structures ressources du territoire (Atis, Du Vert dans les Rouages, Carte Blanche, PAJ, le Département de la Gironde, La Région Nouvelle-Aquitaine, J’adopte un Projet, Aquitaine Active, Mirat expertise comptable, Estelle Lovi, Julie Monboisse et Coop Alpha). De la maîtrise de la prise de parole à la quête de financements, en passant par la consolidation de leurs modèles économiques, chaque étape a permis d’affiner les contours de leurs ambitions.

Mardi soir, l’atmosphère oscille entre excitation et soulagement. Les porteur·ses de projets montent tour à tour sur scène pour présenter leurs projets, mais aussi le chemin parcouru depuis les premières séances. Le pitch qu’ils et elles présentent ce soir-là a été préparé avec Maxime Bladé, spécialiste de l’improvisation théâtrale, un exercice exigeant qui oblige à formuler clairement son projet et à en défendre les contours en quelques minutes.

DES PROJETS SINGULIERS, UNE MÊME VOLONTÉ DE TRANSFORMATION

La diversité des projets présentés donne la mesure de cette promotion. Margot Loizeau propose une Disco Mobile, une caravane itinérante qui s’installe dans l’espace public pour inviter les habitant·es à danser et à transformer la rue en piste de bal participatif. Daniela Da Fonseca Gomez Nazaré développe Okinka, un média indépendant consacré aux musiques africaines et afro-descendantes, avec l’ambition de mieux les documenter et de les rendre visibles dans le paysage médiatique. D’autres initiatives s’ancrent dans la transmission. Karim Fall propose des ateliers de musique parents/enfants autour de l’éveil musical et du partage d’un moment sonore entre générations. Certains projets cherchent aussi à créer des espaces de rencontre culturelle à l’échelle d’un quartier. À Bordeaux Bastide, Arnaud Joly souhaite investir un espace pour y accueillir des artistes émergents et des propositions de spectacle vivant de proximité. D’autres prennent la forme de structures de production et de diffusion, comme The Brick Project de Mathilde Perrault, qui accompagne des artistes primo-arrivants et des artistes exilés.

Le champ de la création visuelle n’est pas exclu de cette promotion. Gaëtan Grabowski développe déjà une activité de vidéaste indépendant privilégiant une approche cinématographique qui place l’humain et la rencontre au cœur du récit. Junior Ferdinand Kitsadi, quant à lui, développe un double projet : Chessmate, des espaces dédiés au jeu d’échecs dans les quartiers pour favoriser la rencontre et stimuler la réflexion, tout en promouvant sa marque de textile Sevenmates, sensible à la production locale. Une exigence que l’on retrouve également chez Marjolaine Gaborieau dans sa boutique en ligne d’illustrations et de pins, imaginés à Bordeaux et produits en France. Elle veut allier sa démarche artistique et son engagement pour une production locale et responsable.

UN TREMPLIN POUR STRUCTURER ET S’ANCRER DANS UN RÉSEAU

Si les projets diffèrent, les questions de départ se ressemblent souvent. Comment construire un modèle économique solide? Comment choisir le bon statut juridique ? Comment trouver ses premiers partenaires ou ses premiers publics? L’accélérateur avait précisément pour objectif de répondre à ces blocages. Plusieurs parlent d’un moment charnière dans la vie de leur projet. L’un d’eux résume l’expérience en quelques mots : « Une dynamique collective pour s’entourer, s’inspirer, apprendre et partager. » La soirée de clôture donne un aperçu de cette énergie collective. Les échanges se poursuivent longtemps après les présentations, autour d’un verre, comme si chacun cherchait déjà la prochaine collaboration. Le rideau tombe sur la formation, mais le terrain de jeu, lui, s’agrandit. Les participant·es repartent avec une méthode et, surtout, un réseau de pairs. En quittant le Rocher, ces porteurs d'idées se placent désormais comme  les nouveaux piliers d’une culture de proximité, prête à se déployer sur le territoire.

 

Ce programme est proposé par le service F.A.R.E du Rocher de Palmer (Former, Accompagner, Repérer, Entreprendre), conçu en partenariat avec le Cités LAB et l’Iddac – agence culturelle de la Gironde, avec le soutien de l’Iddac et du Ministère de la Culture.