e-Magazine
Par Patrick Duval, directeur du Rocher de Palmer
John Mc Laughlin
Dim 4 Nov 2012
John Mc Laughlin était en concert au Rocher le 28 octobre dernier. A 70 ans, celui qui a marqué définitivement l'histoire du jazz électrique (fusion, jazz rock) avait choisi, pour ce concert, de jouer des morceaux du dernier album Now Here This, mais également de revisiter une partie de son répertoire. A la tête d'un quartet imparable (Gary Husband aux claviers et à la batterie, Etienne M'Bappe à la basse, Ranjit Barot à la batterie), John Mc Laughlin a démontré, par son énergie et l'intelligence de ce groupe, l'actualité de cette musique que beaucoup ont cantonné aux années 70 et 80.

Bien sûr, à l'écoute de certains « piliers » du jazz rock (Alfonse Mouzon, Larry Coryell, et quelques autres), la musique a du mal à rester d'actualité.
Mais lorsque cette musique est jouée avec conviction, avec le son d'aujourd'hui, elle devient jubilatoire. Il suffisait de voir les réactions du public ce dimanche soir pour s'en convaincre. L'écoute de groupes «historiques» comme Return to Forever (Chick Corea, Stanley Clarke, Jean Luc Ponty, Lenny White, Frank Gambale –en remplacement d'Al di Meola) apporte le même plaisir ; j'avais écrit ici combien le concert de Return to Forever à San Sebastian il y a deux ans avait été un grand moment de musique, et l'écoute de The Mothership Returns, sorti en début d'année, confirme l'impression ressentie lors du concert. Mahavishnu Orchestra et Return to Forever sont les groupes emblématiques de cette musique et ont marqué des générations.
John Mc Laughlin se plaignait de ne pas avoir joué à Bordeaux depuis longtemps ; c'est en partie vrai, mais ses passages ici furent nombreux, et nous y sommes pour quelque chose…
En trio avec Trilok Gurtu et Dominique di Piazza au Fémina, avec Joey de Francesco et Dennis Chambers à la salle du Vigean, avec Shakti au Fémina, plus quelques concerts avec différentes formations, toujours au Vigean : Musiques de Nuit a accueilli régulièrement ce musicien que nous aimons depuis toujours, et qui nous a amené, alors que nous étions adolescents, à écouter le jazz dans sa diversité. La reprise, en rappel dimanche dernier, du thème de John Coltrane « A Love Suprême » était une belle manière de symboliser ces multiples jazz que nous écoutons.
A signaler, sorti en 2009, le très beau Five Peace Band qui regroupe John Mc Laughlin, Chick Corea, Kenny Garrett (que nous aurons l'occasion d'entendre en mars prochain au Rocher de Palmer), Chris Mc Bride et Vinnie Colaiuta.

Quelques jours plus tard, nous accueillions la Nuit Zébrée de Radio Nova. 1200 personnes présentes, pour une soirée à l'image de la radio fondée par Jean-François Bizot : une programmation éclectique, de la pop à l'électro en passant par l'afro-beat génial des new yorkais d'Antibalas.

Dans peu de temps, c'est une autre radio, partenaire historique de Musiques de Nuit, qui viendra fêter ses 40 ans, FIP.
FIP pour laquelle nous avions manifesté lorsqu'il y eut des tentatives de la supprimer, radio qui était indispensable car la seule alors à diffuser du jazz et de la musique classique. FIP a su évoluer, ouvrir son antenne à toutes les (bonnes) musiques.

FIP Bordeaux et Musiques de Nuit, c'est une longue histoire !

Beaucoup de concerts en novembre, certains complets (Ibrahim Maalouf), d'autres qu'il est important de découvrir. La chanteuse Amina Alaoui, par exemple, fin novembre. Son dernier disque sorti sur le label ECM est une perle. Un moment rare. A écouter en live, bien sûr.


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