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Par Patrick Duval, directeur du Rocher de Palmer
The Apartments
Dim 30 Déc 2012
Fin d'année dense au Rocher, avec une programmation « soutenue », plusieurs concerts étant organisés en même temps (Zebda/Buika, Emily Loizeau/Wax Taylor, etc.), et des scores qui confortent le positionnement du Rocher sur l'agglomération : passé l'effet « nouveauté », c'est bien l'attrait du lieu, de son projet, de la diversité musicale proposée qui fidélise un public de plus en plus nombreux.
A force de le répéter, cela commence à se savoir : le Rocher n'est pas qu'un lieu de diffusion, c'est aussi un espace de rencontre, de découvertes des musiques. Le succès des formes proposées nous amène à ouvrir le Rocher le dimanche (en décembre dernier, plus de 30 personnes pour une sieste musicale sur les « musiques et musiciens d'Argentine »), nous allons récidiver bien sûr.
Les dégustations de miel (le miel du Rocher mais également des miels du monde entier au sein de notre mielothèque) auront lieu un mercredi par mois.

Petit retour en arrière pour parler d'un concert exceptionnel qui a eu lieu début décembre. Dans le cadre de la « carte blanche » laissée à l'excellent label bordelais « Talitres », The Apartments effectuait une de ses rares dates de concerts (cinq en tout et pour tout).
Grâce à Emmanuel Tellier (journaliste ex-Inrocks, aujourd'hui Télérama, également musicien et fondateur du groupe « 49 Swimming Pools ») et à Sean Bouchard (label Talitres), Peter Walsh, fondateur et chanteur charismatique de The Apartments acceptait de reprendre la route pour quelques dates.
L'histoire de ce groupe australien est étrange : peu de disques, quelques rares concerts, pour un groupe créé en 1978 et qui prit le nom d'un film emblématique des années 60, une comédie dramatique avec Jack Lemmon et Shirley Mc Laine.
Les anciens compagnons de Peter Walsh au sein des Go Between disaient de lui : « il est la nuit, nous sommes le jour », ou encore : « il est la pluie, nous sommes le soleil »…
Bonne définition de celui qui a signé des chansons bouleversantes, d'une immense mélancolie, des histoires de douleurs…
En 1985, le groupe est signé par le prestigieux label Rough Trade. Sensiblement en même temps que The Smiths. Ces derniers connaitront un large succès, et le label concentrera ses moyens sur The Smiths, sans doute au détriment de The Apartments, qui ne connaitra jamais le succès qu'il aurait du avoir. Ajoutez à ça un drame familial dans la vie de Peter Walsh (la mort de son fils) qui l'isolera du monde pendant une dizaine d'années.
Le groupe deviendra mythique, avec une solide base de fans à travers le monde, à l'affût des prestations scéniques du groupe.
Lors de leur passage au Rocher, avec huit musiciens (dont la violoniste des Go Between), nous avons pu découvrir « en live » la beauté foudroyante des compositions : « The Goodbye Train », « Can be in the Circus », autant de titres joués « sur le fil », dans une tension extrême, avec la présence et la voix essentielle de Peter Walsh.
Il y a des références au folk bien sûr, dans la musique de The Apartments », mais également au jazz, à des climats intimes qui peuvent faire écho à certains morceaux de Neil Young ou de Beirut.

Parmi les prochains concerts programmés au Rocher, à ne pas manquer la trilogie de fin janvier avec Sophie Hunger-Manu Katche-Magma, trois soirs de belles musiques en perspective…


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