Présentation

Bernard Tschumi, un architecte de renom
#rocherdepalmer #cenon
QUATRE QUESTIONS A BERNARD TSCHUMI
Français né à Lausanne, Bernard Tschumi vit et travaille à New-York où il dirige l'agence BTuA. Il est aujourd'hui mondialement reconnu pour son travail très singulier autour du Parc de la Villette, du Musée de l'Acropole d'Athènes et... du Rocher de Palmer !


Idées fortes...


Quelles sont les idées fortes qui guident la construction du Rocher de Palmer ?

Avec le Rocher de Palmer, nous souhaitions avant tout donner une identité culturelle à cette partie hétérogène de la ville. Il nous semblait impossible d'imposer un style architectural particulier à l'image du château Palmer situé dans le parc ou des grandes tours d'habitation lui faisant face. Nous avons donc choisi une identité très spéciale en terme de géométrie, dont la couleur dite couleur des feuilles d'automne adoucirait légèrement la présence. L'idée qui guide la construction de ce bâtiment est un dialogue entre d'une part cet abri à facettes qui enveloppe les trois principaux espaces et d'autre part le cheminement à l'intérieur du bâtiment par le biais de la galerie de verre fumé.

Un peu comme à l'image de votre Blue Tower de New York, l'architecture du Rocher de Palmer s'inscrit entre l'intégration de l'environnement et une rupture nette ?

Effectivement, il existe certains parallèles entre la Blue Tower de New York et le Rocher de Palmer, notamment autour des deux notions fondamentales de géométrie et d'image. Si vous observez la Blue Tower, tous les angles que l'on aperçoit sont déterminés par des contraintes extérieures d'une réglementation qui nous a été communiquée. A Cenon, nous n'avions pratiquement pas d'obligations extérieures, mais la présence des trois salles ainsi que les diverses zones du bâtiment représentaient des contraintes intérieures incontournables. C'est donc à partir de ces données que nous avons façonné la fameuse enveloppe réunissant les trois salles au sein d'un seul et même volume. La couleur, quant à elle, n'est jamais décorative et cherche toujours à donner une idée au projet en utilisant le moins de matériaux possibles.

Votre démarche architecturale reste-t-elle la même, en quoi a-t-elle évolué et comment s'affirme-t-elle dans le projet du Rocher de Palmer ?

Chaque projet est différent et nous les commençons toujours avec cette idée de nouveauté. Par contre, il y a une approche conceptuelle qui se retrouve dans un certain nombre de réalisations ; j'ai cité précédemment les idées de mouvement et de volumétrie des espaces principaux. L'entrée d'un équipement comme celui de Cenon se fait par une passerelle vitrée qui nous guide par la suite le long d'une promenade architecturale permettant d'observer dans le même temps l'intérieur des murs et le très beau parc à l'extérieur. Nous voulions absolument que les personnes, faisant l'expérience du bâtiment, puissent regarder dans les deux directions.

Votre construction suscite l'espoir et la comparaison d'un impact aussi retentissant que celui ayant eu lieu à Bilbao lors de la construction du Musée Guggenheim. que pensez-vous de cette comparaison dans votre réalisation ?

Nous pouvons faire ce parallèle mais prudemment car notre projet n'est pas à la même échelle. Cependant, cette comparaison soulève le fait qu'aujourd'hui les bâtiments participent à l'identité d'une ville. A l'image du musée Guggenheim, j'aimerais que le Rocher de Palmer donne une nouvelle identité à la ville de Cenon et aux communes avoisinantes. Je souhaiterais également qu'il soit porteur d'un message en direction des 50 nationalités présentes sur le territoire. Nous ne sommes plus au 19ème siècle où chacun essayait de protéger son identité nationale, aujourd'hui les populations font partie d'un grand dialogue à travers toutes les cultures. C'est l'un des termes qui se trouve à l'origine du Rocher de Palmer et je trouve cela passionnant.


www.tschumi.com