e-Magazine
Par Patrick Duval, directeur du Rocher de Palmer
Sombre, sombre, sombre...
Mar 3 Avr 2012
Drôle d'ambiance au Rocher en ce dimanche 1er avril. Une des soirées les plus attendues du semestre s'annonce enfin.
Dark Dark Dark , le groupe de Minneapolis, dont l'album « Wild Go » a tourné en boucle depuis des mois sur nos platines, débarque enfin. En première partie, Mirel Wagner. Que sait-on d'elle ? Peu de choses : elle est née en Ethiopie, elle a 23 ans, et vit en Finlande. Son premier album est une étrangeté sombre (comme la pochette), avec de belles balades et une voix douce pour des berceuses tristes (« No Death »).
Seule à la guitare, elle installe une intimité forte, dans le Salon de Musiques qui commence à bien se remplir. On s'assoit par terre, on s'allonge, cette douce soirée de début de printemps s'annonce prometteuse.
Pas franchement de la gaieté, mais un climat plein de nostalgie, de mélancolie. On est donc en forme pour écouter Dark Dark Dark.
Etrange groupe, « orchestre de chambre » comme les a surnommé les Inrocks, Dark Dark Dark fait parti de ces phénomènes rares qui cassent les codes. On trouve bien quelques références, le climat triste de Dave Douglas (« Charms of the Night Sky »), celui plus joyeux de Beirut, avec la voie si particulière de Nona Marie Invie.
Ce double disque (« Wild Go » et «  Bright Bright Bright ») nous a happé pendant des nuits et des jours. Difficile de sortir indemne de « Daydreaming », « Celebrate », « Something for myself », « Robert », « Say the Word », « Wild Go »… Impossible de retenir un morceau plus qu'un autre.

A la découverte de ce disque, et de la photo intérieure (le groupe au complet en cercle, installé sur des tapis) nous fûmes plusieurs à penser immédiatement au Salon de Musiques comme lieu d'accueil privilégié pour cette musique.

Et ce le fût.

Le groupe s'installe, tous très proches les uns des autres, à l'écoute, à l'affût.
Pendant près d'une heure et demi, nous eûmes droit à de nombreux nouveaux morceaux, mais aussi quelques uns cités plus haut, joués avec une précision et une mise en place étonnantes. La musique est fluide, semble couler toute seule, s'impose auprès d'un public sous le charme, à l'écoute.
Au gré d'une vague valse, quelques couples dansent. C'est cette apparente légèreté qu'on aime chez Dark Dark Dark. Fin du concert, on rentre apaisé, heureux d'avoir vécu cette soirée légèrement hors du temps, avec en tête quelques réminiscences de l'accordéon de Walt Mc Clements.


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