e-Magazine
Par Patrick Duval, directeur du Rocher de Palmer
Après 5 ans d'aventures musicales au Rocher de Palmer
Sam 26 Déc 2015
2015 se terminait le 17 décembre dernier avec une soirée comme on les aime, trois concerts différents dans les trois salles, un mélange de musiques dans un même espace, un sacré mélange de publics également…
Le trompettiste Erik Truffaz animait pendant trois jours un stage à destination de musiciens professionnels.
Une quinzaine étaient présents, tous d'un excellent niveau musical. Qu'on en juge : Une section de cuivres incroyable avec Grat Martinez, Marc Closier, Francis Mounier, Guillaume Schmidt, Loïc Guenneguez à la trompette, Damien Bachère au tuba, Laura Caronni au violoncelle (la moitié de Las Hermanas Caronni), David Authié , Clément Billardello et Antoine Beurrier à la guitare, Nicolas Martin aux claviers, Joris Seguin à la batterie, Xavier Duprat à la basse et Laurene Pierre-Magnani au chant.
Issus de différentes esthétiques musicales, ces musiciens, fédérés par Erik Truffaz ont, au final, proposé leurs propres compositions. Il y avait du bonheur sur scène, il était évident que ces trois jours de travail ensemble avaient été bénéfiques à toutes et tous. Et bien sûr à Erik Truffaz , qui y faisait référence le lendemain sur France Inter, invité de l'émission d'Augustin Trapenard. (Erik Truffaz sera en concert avec son quartet le vendredi 5 février. Son nouvel album « Doni Doni » inclus des featuring de Rokia Traore et d'Oxmo Puccino).

Dans le même temps, Nona Marie Invie, la chanteuse du groupe Dark Dark Dark, entourée de ses 4 choristes d'Anonymous Choir, rencontrait des collégiens du Collège Jean Jaurès de Cenon. Une heure de discussion (en anglais !), de questions, d'échanges. Avant de retrouver tout le monde dans le Salon de Musiques pour un concert « sur le fil », piano et voix, autour d'un répertoire de reprises (Leonard Cohen, Radiohead, Neil Young, …), un moment en apesanteur, un peu hors du temps.

Dans la 1200, les trois dj de Birdy Nam Nam enflammaient la salle, avec un show efficace, visuellement très beau, un gros son.

Un ami présent au concert d'Anonymous Choir et qui, en sortant, est allé s'aventurer dans la 1200, me disait qu'au fond, c'est ça la vie, ces moments de calme et d'excitation, et qu'il est génial de pouvoir faire ce parcours là au Rocher, d'une salle à l'autre. Il prenait comme exemple une balade à la campagne : passer d'un champ aride à une forêt verdoyante. C'est l'impression que lui faisaient ces ambiances musicales différentes, que nous pouvons vivre assez fréquemment au Rocher. Des contrastes incroyables.

Une (ré)écoute, aujourd'hui, d'un disque du saxophoniste argentin Gato Barbieri, « Under Fire », datant de 1973, replonge dans des années de bouillonnement intense, avec l'émergence d'une nouvelle génération de musiciens, « mixant » les musiques. Nous sommes dans le jazz bien sûr, mais un jazz ouvert à la batterie du brésilien Airto Moreira, aux congas de James M'Tume, au piano lyrique et planant de Lonnie Liston Smith, à un jeune bassiste nommé Stanley Clarke, au guitariste John Abercrombie et , sur certains morceaux, à un joueur de darbouka, Moulay Ali Hafid !
Et ce son si particulier, rageur, de Gato Barbieri.
Cette musique de toute beauté reste actuelle, peut-être aussi par l'énergie déployée, le son free de Gato Barbieri, les racines afro brésiliennes, le bonheur de jouer qui se dégage de cette session « Sous le Feu ».