"TRANSBORDEUSES"
À Cerbère, en 1878, une frontière technique fait naître une frontière sociale. L’écartement différent des voies ferrées impose le transbordement des marchandises ; ce travail harassant, confié exclusivement à des femmes, crée un métier invisible : celui de transbordeuse. Mal payées, épuisées, elles sont pourtant 180 à se mettre en grève en 1906, l’un des premiers mouvements sociaux féminins en France. Longtemps reléguée à la marge de l’histoire, cette mémoire ressurgit aujourd’hui grâce au regard de Marjorie Gosset. En Catalogne, elle rencontre les dernières transbordeuses et leurs descendantes. Jacqueline, 72 ans, en devient la figure-pivot : voix vivante d’un héritage transmis entre peines et fierté. Transbordeuses dépasse la seule enquête documentaire : c’est un geste de transmission, un hommage à la dignité, à la solidarité et à la force de femmes qui ont bâti, dans l’ombre, une part essentielle de l’histoire sociale. »
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MARJORIE GOSSET
La photographe française née en 1983 a étudié l’histoire de l’art à Tours et le design graphique à Nantes. Photographe sociale, elle s’intéresse aux combats des femmes. Sa première monographie, Transbordeuses, est parue en 2024 aux éditions Hartpon. Cette série a fait l’objet de plusieurs expositions en France : à l’espace photographique Arthur Batut (réseau Diagonal), au Passage Sainte-Croix à Nantes (octobrenovembre 2024), dans le cadre de la Quinzaine photographique nantaise, ou encore à la galerie La Chambre Claire à Rennes. Son travail porte également sur notre lien au vivant, notamment avec sa série Pyrène, exposée à Nantes en 2023, et Inô, exposée à Arles et Nantes en 2021. Ses projets récents prolongent cette recherche entre mémoire, transmission et dimension intime. Parlez-moi d’amour (2022-en cours), une série de rencontres avec des aînés autour de la question de l’amour, a bénéficié d’une aide de la Drac Pays de la Loire en 2023. En 2024, elle est accueillie en résidence au Photo Festival Baie de Saint-Brieuc pour un projet sur l’égalité entre femmes et hommes, exposé lors du festival en 2025. Son travail a été publié dans de nombreux magazines, dont Fisheye Magazine, Gaze et 9 Lives. Parallèlement à sa pratique artistique, Marjorie mène régulièrement des ateliers photographiques auprès d’enfants, d’adolescents et de publics scolaires, explorant la narration visuelle et la lecture critique de l’image. Entre écriture instinctive et ancrage documentaire, son travail s’attache à donner forme à ce qui se transmet, se tait ou s’oublie.